Déformation des corps et réinvention de sensations

SÉMINAIRE : FILMER LA SENSATION

Présentation générale
Filmer la sensation est à entendre au sens large. Filmer concerne aussi bien la photographie que le cinéma, la vidéo que les autres nouvelles technologies, à commencer par l’Internet.

Peut-on filmer la sensation ? Peut-on, par quelque procédé, imprimer sur le support choisi pour un enregistrement audiovisuel des impressions perçues par les organes des sens et les états psychologiques qui s’ensuivent ? Cette question appelle censément les points de vue philosophique, psychologique, psychanalytique, etc., qui considèrent la sensation en son siège, le corps humain.

Mais elle peut également être examinée dans une perspective sémiotique, cognitiviste, d’analyse « textuelle », etc., en vue d’évaluer la capacité de tel ou tel médium à capter et/ou diffuser la sensation. Il est pertinent de chercher les attestations ou les traces de l’implication des sensations dans les œuvres visuelles et audiovisuelles elles-mêmes, qu’elles soient de fiction ou documentaires. Les documents audiovisuels qui reproduisent des performances, revendiquant plus ou moins le statut d’œuvre, activant plus ou moins l’interaction créatrice entre la performance et son filmage, constituent des objets particulièrement notables à l’égard de cette problématique.

Il s’agit aussi de réunir les perspectives poïétique et esthésique, du faire et de la sensibilité (selon l’irremplaçable distinguo de Paul Valéry) en se demandant de quelle façon la poïétique des productions audiovisuelles capte et/ou modifie la sensation. Cette question esthésique se prolonge également dans ce qu’Edmond Couchot appela la technesthésique : les techniques de reproduction et les nouvelles technologies influent sur la sensibilité en transformant les sensations captées selon les conditions technologiques spécifiques qui les définissent.

On peut, enfin, dans sensation entendre le sensationnel, quelque chose qui attire l’attention, qui stimule l’admiration ou la stupeur, par son caractère exceptioonnel, quelque chose qui fait sensation. On peut jouer alors dans l’entre-deux qui relie ou sépare les petites affections des sens et les événements remarquables.

Programmation complète

Jeudi 27 mai (17 h – 19 h, heure de Paris) Federico Pierotti
Filmer la couleur : le tournant chromatique du cinéma
Enseignant-chercheur en études cinématographiques à l’Université de Florence. A publié plusieurs
ouvrages consacrés à l’histoire et à l’esthétique du cinéma, dont La Couleur : une passion cinématographique
(Paris, Éditions Classiques Garnier, 2020).

Jeudi 3 juin (17 h – 19 h, heure de Paris) Priscilla Guy*
Déformation des corps et réinvention de sensations à travers les pratiques de montage chorégraphique
Directrice artistique de la compagnie canadienne Mandoline Hybride, chorégraphe, cinéaste, commissaire et doctorante à l’Université de Lille SHS (France). A publié Alternate Approaches to Choreography through Editing, publié dans The Oxford Handbook of Screendance Studies, 2016.

Jeudi 10 juin (17 h – 19 h, heure de Paris) Rodolphe Olcèse
Dynamiques de la sensation : altérations visuelles et épiphanie du visible (Jonas Mekas, Rose Lowder, Carole Nosella)
Rodolphe Olcèse est Maître de conférences en esthétique à l’université Jean Monnet à Saint-Étienne. A publié Le Surgissement des archives, 2021. Carole Nosella, Maître de conférence à Jean Monnet, sera présente pour participer aux discussions.

Jeudi 17 juin (17 h – 19 h, heure de Paris) Lourdes Monterrubio
La sensation dans le film-essai : la filmer, la créer, la réfléchir
Enseignante-chercheuse en cinéma et audiovisuel, elle développe actuellement le projet de recherche Enunciative Devices of the European Francophone Essay Film à l’Institut ACTE-Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. A publié, notamment, Enunciative Devices of the Contemporary Spanish Essay Film.Studies in Spanish & Latin American Cinemas, 2019.

Jeudi 24 juin (17 h – 19 h, heure de Paris) Barbara Fougère
Rendre l’expérience de la surdité sensible
En thèse sur la surdité au cinéma à l’Université Paris 1-Panthéon Sorbonne, elle Participe au programme handicap et sociétés de l’ EHESS. A publié « Take Shelter (Jeff Nichols, 2011) : L’implant cochléaire au coeur de la tempête, ou la surdité comme prisme d’analyse cinématographique », 2019.

Jeudi 1er juillet (17 h – 19 h, heure de Paris) Marisa Hayes
Caméra somatique sensible : élargissement du champ chorégraphique et perceptif
Artiste et chercheuse franco-américaine, elle est rédactrice en chef de la revue Repères, cahier de danse éditée par La Briqueterie. À paraître en 2021 : Sur la voie de l’apesanteur, Alternatives Théâtrales.

Le séminaire reprendra ensuite le 16 septembre et se poursuivra en octobre et novembre.

* Invitée par Anatoli Vlassov, Priscilla Guy intervenait le 3 juin 2021 dans le webinaire Filmer la sensation organisé par l’équipe Cinéma de l’Institut ACTE (École des arts de la Sorbonne). Elle y présentait le segment «Déformation des corps et réinvention de sensations à travers les pratiques de montage chorégraphique».

ZOOM-Séminaire de l’équipe Cinéma de l’Institut ACTE

Université Paris 1 Panthéon Sorbonne – École des arts de la Sorbonne
École doctorale Arts Plastiques, Esthétique et Sciences de l’art

sous la direction de
Dominique CHATEAU, Professeur émérite à l’Université Paris 1
et José MOURE, Professeur à l’Université Paris 1, Directeur de l’Institut ACTE

co-organisation 
Université de Groningen, Pays-Bas (Annie VAN DEN OEVER)
Université Laval à Québec (Jean-Pierre SIROIS-TRAHAN)

avec le soutien de
Retiina International (François SOULAGES, Professeur à l’Université Paris VIII)
Center for Practical Philosophy Stasis (Yoel REGEV, Professeur à l’Université Européenne de Saint-Pétersbourg)
Regards Hybrides (Priscilla GUY, artiste, chercheuse et commissaire, Montréal)
Association/revue À bras le corps (Rodolphe OLCESE, Maître de conférences, Université Jean Monnet Saint-Étienne)
Repères. Cahier de danse, édité par La Briqueterie (Marisa HAYES, Centre de Développement Chorégraphique National du Val-de-Marne)

4 axes du séminaire
1. Analyses filmiques (Film analysis), sous la responsabilité de Sarah LEPERCHEY, Maître de conférence à l’Université Paris 1, et José MOURE.
2. Les premiers temps du cinéma (The early days of cinema), sous la responsabilité de Jean-Pierre SIROISTRAHAN, Professeur à l’Université Laval.
3. Technesthésique (Technesthesics), sous la responsabilité d’Annie VAN DEN OEVER, Professeure à l’Université de Groningen.
4. Film-performance, ciné-danse et autres relations intermédiales (Film-performance, film-dance and other intermedia relations), sous la responsabilité d’Anatoli VLASSOV, artiste, doctorant en arts plastiques, membre de l’équipe Arts & Flux de l’Institut ACTE.

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