Le travail de Celia Rowlson-Hall

Celia Rowlson-Hall est une chorégraphe, cinéaste et interprète new-yorkaise.

Engagée comme danseuse dans deux compagnies lors de son arrivée dans la grosse pomme, Rowlson-Hall commence rapidement à chorégraphier pour les clips d’artistes comme MGMT et Chromeo. Un Bessie Award plus tard, elle passe derrière la caméra et commence à développer des vidéos où le mouvement occupe une place importante, utilisant ses outils chorégraphiques pour développer sa propre pratique cinématographique.

Devant la caméra, ses interprètes, et très souvent elle-même, nous offrent des performances plutôt que des danses. Au lieu de se concentrer sur le mouvement, Rowlson-Hall développe avant tout des personnages. De façon assez théâtrale -parfois burlesque, parfois contemplative- souvent à travers une chorégraphie minimaliste, l’artiste joue et explore un art qu’elle n’étiquette pas. Vidéo-danse? Court-métrage? Vidéo-clip? Performance filmée? Ça dépend.

PromNight

D’abord, observons Three of a Feather, une petite pièce où trois danseuses de cabaret voyagent sans fin; toujours sur la route entre deux théâtres vides. Farfelue pièce onirique, Three of a Feather donne beaucoup d’importance aux lieux: on change d’espace-temps d’un plan à l’autre, étirant la trame narrative sur une longue période dans le périple des trois protagonistes.

Il y a quelque chose de clownesque chez ces personnages. Mais du clown triste. Il bondit sans conviction, il observe son environnement avec mélancolie, il salue avec fatigue.

Pièce collaborative, elle fut écrite et réalisée par Rowlson-Hall et chorégraphiée par Monica Bill Barnes, une des trois interprètes.

Parfois, la cinéaste met également son travail au service du milieu commercial, alliant sa pratique artistique à son amour pour la mode et utilisant ses vidéos pour des contrats mettant en valeur des collections de designers.

Ici, Unto the Locust, une pièce en trois chapitres fort différents présentée par le magazine de mode et d’art Metal.  La fascination pour les vêtements qui y est explorée, la façon dont ils tombent sur les interprètent et bougent avec eux, est d’ailleurs flagrante.

De la contemplation automnale au cœur des bois on passe à une danse organique qui se mêle aux éléments sur la plage, pour finir avec une romantique et éthérée incarnation de la danseuse sur pointe, à la lueur de la chandelle.

Trois tableaux très évocateurs mais sans réelle trame narrative. Une version en mouvement de ce qui est d’habitude sur les pages glacées d’un magazine et avec, à la place des mannequins, Rowlson-Hall elle-même ainsi que Megan LeCrone du New York City Ballet et Bobbi Smith de la Batsheva Dance Company.

Finalement, voici Prom Night, une pièce très théâtrale, mais pourtant sans un mot, où Rowlson-Hall explore la féminité et ses différentes incarnations. Utilisant de longs plans séquences, trichant les coupes le plus possible, l’interprète/réalisatrice change constamment de costume, modifiant notre perception et la nature du personnage.

Joueuse, Rowlson-Hall interagit avec la caméra, lui offrant librement une performance très ludique. Mais ce qui était au départ une présentation léchée dans laquelle le personnage se contentait de minauder devient de plus en plus désespéré. Initialement en tête à tête avec la jeune femme, la lentille s’éloigne lentement, jusqu’à se faire un peu voyeuse par le carreau de la porte.

Le personnage, si posé et séducteur au début, perd rapidement le contrôle et devient prêt à tout pour retrouver l’attention de la caméra. Bien que la jeune femme travaille fort à nous offrir toute les facette de sa féminité (passant de l’amoureuse à la mère à la putain), bien qu’elle nous offre un désespéré spectacle afin de garder notre regard sur elle, éventuellement, on détourne les yeux…

Pièce amusante au premier abord, Prom Night laisse au final un arrière-goût amer: ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle…

Pour mieux connaître l’artiste multidisciplinaire qu’est Celia Rowlson-Hall:

http://celiarowlsonhall.com/

Et une entrevue avec l’artiste qui nous parle de son art et de son processus:

(Aperçu de Mariah’s Lollipop, pièce à venir!)

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