Compte-rendu: Festival International de Vidéo Danse de Bourgogne (France)

Collaboratrice de France, Camille Boime-Auburtin signe un deuxième article sur Regards Hybrides. Après son texte sur Maya Deren, elle nous livre ici son compte-rendu du 5e Festival International de Vidéo Danse en Bourgogne.

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La 5ème édition du Festival International de Vidéo Danse de Bourgogne (France) s’est terminée vendredi 05 avril autour d’une programmation de haute tenue. Marisa HAYES, cinéaste et chorégraphe américaine, et Franck BOULEGUE, réalisateur et critique de cinéma français, sont à l’origine de cet événement qui se déroule chaque printemps au Creusot.

Plate-forme internationale pour la vidéo-danse sous toutes ses formes, ce festival déploie des propositions aussi ambitieuses que réussies grâce au professionnalisme et à l’énergie de ses deux organisateurs, passionnés de vidéo-danse. Le choix des films, des ateliers et des conférences sont les reflets actuels de la création et de la recherche dans ce domaine artistique si spécifique. Explorant les relations de la danse à l’image et à la technologie, ils permettent chaque année la mise en réseau internationale d’artistes et de chercheurs aux multiples parcours.

Cette anUntitled1née, la programmation s’articulait d’une part autour de classes de maître ponctuées de rencontres et de diffusion de films en présence d’artistes et de chercheurs internationaux, et d’autre part de la diffusion du projet collectif international de collage vidéo-danse, intitulé Sacre/ilège(s) , initiative des deux directeurs du festival autour de l’anniversaire du Sacre du Printemps  de Stravinsky ; et pour finir, la mise en lumière de recherches et travaux artistiques autour de cette pratique, le festival se terminant sur un colloque et la projection de la sélection officielle du festival 2013.

Ouvert à tous et rassemblant aujourd’hui de nombreux initiés et spécialistes, l’événement comptait aussi parmi ses invités Nicolas VILLODRE de la Cinémathèque de la Danse de Paris et Olivier CHERVIN de Numeridanse.tv – Maison de la Danse de Lyon.

Les conférences du colloque ont été assurées par des universitaires, diffuseurs, danseurs et/ou réalisateurs venant :

  • d’Angleterre : Claudia KAPPENBERG-Université de BRIGHTON, Beatrice ALLEGRANTI-Université de ROEHAMPTON, Gabriela TROPIA-London School of Contemporary Dance.
  • des Etats-Unis : Tim GLENN, Université de Floride
  • de France : Marion CARROT-Paris VIII, Jessy DUCREUX-Université de Strasbourg, June ALLEN-Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts La Sorbonne Paris et Ecole Nationale d’Architecture de Paris Belleville, Clothilde AMPRIMOZ de ChoréActif Clermont Ferrand, Sophie WALON-Ecole Nationale Supérieure de Paris, Anna ALEXANDRE Des Arts Des Cinés Saint Etienne
  • de Hollande : Carolina FALCAO-Artiste et productrice Amsterdam
  • de Hongrie : Marianne GAAL-Hungarian Dance Academy et University of Theater and Films Arts Budapest
  • du Brésil : Carolina NATAL – Cia Jovem de Dança
  • du Mexique : Paulina RUIZ CARBAILLIDO – Agite y Sirva Festival of Video dance Mexico.

Ces allocutions ont abordé des sujets théoriques et techniques très différents, appuyant leurs analyses sur des concepts philosophiques, esthétiques voire pédagogiques (concernant tout particulièrement l’intervention de Gabriela Tropia, axée sur la recherche et l’enseignement de la vidéo danse).

Citons par exemple les travaux de recherches historiographiques de Marion CARROT, autour de la mise en scène du mouvement et des corps au cinéma, développant notamment des aspects de la théorie du corps de Michel BERNARD, ou encore l’illustration d’un concept de Gilles DELEUZE, opposant le cinéma classique et le cinéma moderne, par le biais d’un regard pluridisciplinaire et d’une analyse pointue du film ENTRACTE de René CLAIR par Claudia KAPPENBERG. Clothilde AMPRIMOZ nous a également offert un autre angle d’analyse tout aussi intéressant en présentant une approche chorégraphique autour de la mort au cinéma.

Citons encore l’étude des trois espaces-TRIO que Carolina Natal a si justement nommé Dancine, ou l’analyse croisée et la pertinence du double regard de Paulina RUIZ CARBAILLIDO sur les films A study in choreography for camera de Maya DEREN & Talley BEATTY et Locale de Merce CUNNINGHAM & Charles ATLAS, ou encore les travaux sur le minimalisme en vidéo-danse de la réalisatrice hongroise Marianne GAAL et les corporéités expérimentales en danse, les corps transformés, asexués, les corps « choréo-ciné­ma­to­gra­phi­ques » qu’interrogent Sophie WALLON.

Ces travaux de recherche traversent presque systématiquement les théories du corps de Michel FOUCAULT, Gilles DELEUZE, Michel BERNARD, et MERLEAU-PONTY, pour ne cUntitled2iter qu’eux. En réalité, il est impossible de retranscrire dans cet article l’intégralité des contenus des sujets de conférences qui ont été présentés durant cette journée, et encore moins de m’attarder sur l’un d’entre eux, puisque la richesse de ce colloque était de nous offrir un vaste panorama de travaux singuliers et complémentaires. Il est par contre indispensable de vous faire part de l’enthousiasme qu’a été celui du public face à la densité des propositions et à la qualité des intervenants.

Véritable moment de partage de réflexions et de créations entre les spectateurs et les artistes/chercheurs invités, le festival fête cette année son cinquième anniversaire. Durant le reste de l’année, il tourne régulièrement en France ainsi qu’à l’étranger. Entre 2009 et 2013, le festival a été invité à présenter ses programmes à : l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, Sciences’Po Lyon, la Maison du Viêtnam (Paris), la Cinémathèque de Hanoï (Viêtnam), le Centre Culturel français de Pékin (Chine), Jumping Frames Dance Video Festival (Hong Kong), Wallpaper Dance (Italie), Centre Culturel de Belgrade (Serbie), Dance Camera Istanbul (Turquie), Agite y Sirva (Mexique), etc…

Une nouvelle étape est aujourd’hui franchie avec le projet collectif international de collage vidéo-danse, initié par nos deux acolytes, Franck BOULEGUE et Marisa HAYES, rendant hommage au premier centenaire du Sacre du Printemps de Stravinsky. Ce projet a suscité un tel engouement international qu’ils ont pour finir réalisé 5 collages différents. En effet, ils avaient reçu 75 réponses en provenance de 27 pays. Le projet collage a été ouvert à tous sans processus de sélection. Certes, il y a un certain nombre de risques qui accompagnent un tel projet, mais finalement la dynamique internationale de cette œuvre collective et les multiples propositions des artistes donnent une richesse et une densité surprenantes.

Les cinq versions seront prochainement diffusées sur le site de numeridanse.tv, autre invité marquant du festival. Ce site internet de diffusion gratuite, bilingue et facile d’accès, propose aujourd’hui une vidéothèque internationale de danse, en ligne. Leur projet est de réussir à produire des films de danse et à créer un catalogue spécialisé autour de la vidéo-danse.

Enfin le festival de vidéo-danse a reçu 350 films en provenance de 30 pays, dont 15 ont été retenus pour la sélection officielle, projetée vendredi soir. Nous avons tout particulièrement remarqué et apprécié l’humour décalé de Cari Ann SHIM SHAM et Jia WU dans CHICKEN BOY mais aussi ELEPHANT DANCE (USA), l’œuvre forte,  ténébreuse et très picturale CONCERT FOR SHADOWS d’Alessandro AMADUCCI et Giuliana URCIOLI(Italie). Un coup de cœur également pour la poésie infime et sensuelle de CONTINUOUS LANDSCAPE de Diana CARDONA (Mexique).

Pour conclure, le site du festival a un prolongement sur Internet, avec des articles, des liens, des photos et des vidéos. Il est consultable sur :videodansebourgogne.com.

On peut également consulter toute l’année le blog et son activité régulière sur : bodycinema.blog.lemonde.fr

Et si vous êtes avides de nouvelles quotidiennes, nous vous invitons à consulter leur page facebook : International Video Dance Festival of Burgundy

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3 réflexions sur “Compte-rendu: Festival International de Vidéo Danse de Bourgogne (France)

  1. Laura N. says:

    Bonsoir,

    Je pense que vous avez fait une petite erreur dans un des nom :
    Il s’agit d’Olivier CHERVIN de Numeridanse.tv – Maison de la Danse de Lyon, et non « Nicolas » (du moins pas que je sache, sinon autant pour moi…) !

    Bonne continuation,

    Au plaisir de vous lire à nouveau,

    Laura N.

  2. boulegue says:

    Maria Haye venu en France pour la sécurité sociale son nom Haye qu’elle retourne de son pays ne porte pas un nom français son mari un vieux con

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